
« L'hiver arrive. »
Le ciel a quitté ses belles teintes azurées pour un gris mélancholique. Porteur d'une fraîche brise, il s'amuse à caresser les feuilles des arbres. Les plus faibles se laissent emporter, libres et légères, vivant un instant d'envol avant de mourir sur la terre humide, trempée des larmes froides des cieux.
Toute chose semble avoir perdu sa couleur. Le monde devient morne. Il a froid, il se sent déprimé. Il se resserre, esperant donner à son coeur un peu de chaleur.
Le monde est plat. Il n'a jamais semblé aussi fade, aussi banal.
Quelques goutes s'étalent en cercles réguliers dans l'eau d'une flaque. Les ronds s'estompent peu à peu, n'osant réellement franchir les bordures du point d'eau.
Même le ciel n'ose plus pleurer. Il a trop souvent vu de gens tristes. S'il devait libérer les larmes du monde, la Terre ne serait plus qu'un vaste océan. Ce n'est pas ce qu'aimerait le ciel. Non. Il veut voir vivre encore les personnes qu'il affectionne.
Ce n'est pas un mal. Il n'y a plus de mal, ni même de bien.
Tout est froid, tout est fade. Le ciel retiens ses pleurs.
Mais une personne les verse pour lui. Des larmes interdites.
« C'est trop tard. »
Il est trop tard. Trop tard pour regretter l'été.
Contentons-nous de l'automne.

Ca fait quatre ans désormais,
Quatre ans qu'on se connait ! ♪
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A quoi ça rime ?
Tu m'as trompé.
Non.
Tout ça ne veut plus rien dire. Je ne suis plus celui à qui tu fais confiance.
Non.
Tu n'as plus personne pour t'aider maintenant. Tu es seule face à la vie.
Non...
J'espère qu'elle aura soin de te déchiqueter les entrailles, pour venger celui qui n'en a pas eu la force. Qu'elle te fera réaliser mes peines et mes souffrances.
Non...
Tu ne parviens même plus à voir mon visage.
Non... non...
Et tu sais que c'est vrai. Cesse de tout nier, surtout la vérité.
Evee. Tu es corrompue.
Tu fais erreur. Il n'y a plus d'Evee. Evee est partie.
Partie, vraiment ?
Oui. Avec son aimé et son fils.
Hum. Elle a finalement eu le courage de mettre au monde cet enfant.
Elle en est fière.
Mais toi, qui veillait sur elle et rédigeait sa triste vie. Qu'advient-il de votre lien ?
Il a disparu dans des circonstances que je ne saurais te décrire.
Evee vivra désormais comme elle l'entend. Je ne peux m'y interferer plus longtemps : il s'agit de son existence, sa maison, sa famille. Elle est assez grande pour savoir les dangers du destin. Evee sait ce qu'elle veut, maintenant, libre à elle de l'obtenir. Cela ne me concerne plus.
Je vois, je vois. Tu as décidé de prendre un tournant radicalement différent. C'est dommage, et pourtant admirable qu'après quatre années vous ayez enfin jugé bon de modifier vos valeurs.
Plus rien n'avait de sens, plus rien ne retrouvera le même. C'est la théorie de l'Evolution. Après tout... "Evee" ne signifie-t-il pas "Evolution" ?
Serais-tu en train de lui chercher une excuse ?
Peut-être bien. Ou peut-être pas. C'est sa vie après tout.
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En souvenir des Yoroshi. Du manoir. Des rires et des larmes. En souvenir des cookies et des cubes en verre. En souvenir de Toi. En souvenir de Vous.
Ca fait quatre ans.
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