
Sans plus attendre, voici une suite que j'ai mis pas mal de temps avant de conclure. J'y revenais, j'arrêtais (flemme), j'y revennais (mauvaise conscience)...
Et c'est comme ça qu'hier j'ai fais une page en une demi heure.
Je vais aujourd'hui poster un long chapitre.
---------------------------------------------------------
Un halo de douceur apaisait l’ambiance. Devant l’enfant se tenait une incarnation divine dont les longs cheveux blonds voltigeaient avec légèreté, frôlant un visage quasi sans défaut. Ses grands yeux d’un bleu azur la fixait alors qu’un grand sourire bienveillant éclairait sa face.
« Tu as bien dormis ? »
L’image devenait de plus en plus nette, malgré la nuit encore présente, si bien qu’on pouvait distinguer sans problèmes deux étranges choses dépassant de ses cheveux clairs. Se réveillant doucement, la petite lui murmura, tendant sa main frêle vers ce qui l’intriguait :
« C’est… »
Ses doigts effleuraient l’une des deux choses d’une blancheur immaculée.
« …doux. »
L’autre être la regardant alors qu’elle caressait du bout des doigts les plumes composant ce qu’elle avait sur la tête. Comme pour répondre à sa question muette, l’ange lui sourit radieusement.
« Ce sont des ailes. »
L’image d’un grand oiseau blanc lui vint alors à l’esprit :
« Des… ailes ? »
Devant son expression étonnée, un peu ébahie, l’ange eut un sourire un peu gêné :
« Oui. Ca sert à voler.
- Voler… ?
- Je t’apprendrai tout ça plus tard. »
Le sourire bienveillant de l’ange la rassura peu à peu. C’était probablement la première personne qui osait la regarder sans ces yeux terrorisés, ce regard implorant, dans lequel on peut sans peine discerner le mot « Pars ! » se répétant à l’infini.
Mais cette étrange personne la regardait sans malices et sans craintes. Toutes ces idées n’eurent que le temps de parvenir à l’esprit de la gamine que déjà, une main pâle se tendait sous son nez :
« Allez, viens. Ne soit pas intimidée. »
Regardant d’un air un peu surpris cette main qui se trouvait si soudainement sous son nez, elle eut un mouvement de recul, et se plaqua d’avantage contre le tronc de l’arbre. Cette attitude inquiéta un peu l’ange, qui en fut perplexe :
« Tu ne veux pas ? »
Après un silence, la fillette contre l’arbre baissa la tête, se recroquevillant, frissonnante :
« Tu ne me feras pas de mal, hein ? »
Le visage de la sainte fille passa de l’incompréhension à la pitié :
« Je n’ai jamais fais de mal à personne, et je n’en ferai jamais à toi. »
Mais ces paroles ne rassurèrent guère la petite : on les lui avait trop dites, rabâchées durant les derniers instants qu’elle eut passé dans cet horrible endroit blanc, cette chambre d'hôpital aussi blanche que les ailes de cette ange, que sa parure, que son aura éclatante.
« Je sais pas. J’ai pas envie. Tu fais peur, avec tout ce blanc autour de toi. »
Un peu déconcertée, et surtout, commençant à comprendre que la conversation allait prendre un mauvais tournant, elle attrapa finalement la main de la petite dont les yeux s’écarquillèrent : elle ressentait une douce chaleur l’envelopper, dissiper toute l’inquiétude qu’elle éprouvait. Ce phénomène lui sembla très étrange, mais ne lui déplut pas.
Bien obligée de rester, elle se mit à avancer en titubant, avec l’ange qui lui fit un grand sourire :
« Je suis heureuse de t’avoir enfin trouvée… »
Après qu’un halo de lumière entoura son corps, afin de lui indiquer la route à sa protégée, et de lui procurer lumière et chaleur, elle marqua un temps d’arrêt :
« Mais quel est ton nom, petite enfant blonde ? »
Entendant le mot « blonde », la fillette tourna des yeux étonnés vers les mèches qui tombaient de chaque côté de son visage, comme pour être sûre que c’était à elle qu’on s’adressait. En effet, ses cheveux étaient bel et bien blonds, et l’ange devait faire au moins vingt centimètres de plus qu’elle. Ses cheveux lisses, bien plus clairs que les siens, coulaient jusqu’au bas de son échine, et les tons de la robe claire et légère qu’elle portait rappelaient la couleur immaculée du gel pur. La fillette ne savait encore lui donner d’âge, mais cette personne devait avoir au moins cinq ans de plus qu’elle.
« C’est quoi, un nom ? »
Alors qu’elles marchaient dans l’herbe encore fraîche du matin, le ciel commençait à s’éclaircir : le soleil se lèveraient probablement bientôt. Où peut-être était-ce seulement un effet de l’imagination de la petite, à la vue de l’ange dont la douce lumière émanant de sa personne défiait toutes lois physiques.
« Un nom, ma petite, c’est la manière dont on t’appelle. »
Comme pour illustrer ses dires, elle se pointa du doigt avec un large sourire :
« Moi, je m’appelle Yukina. Yukina, c’est mon prénom. Ca vient de la neige.
- Je le savais. »
Ces mots étaient sortis seuls de sa bouche, sans qu’elle puisse les contrôler, et pourtant cela était vrai : Yukina était bien le seul nom qu’elle aurait pu attribuer à cette personne, sans connaître la raison qui l’y poussait.
Naturellement, instinctivement, « Yukina » lui était venue à l’esprit.
Arrivées à l’orée du bois, elles découvrirent devant elle un endroit tout nouveau : il s’agissait d’une sorte de clairière parsemée de quelques arbres nus. Les herbes hautes chatouillaient les genoux de l’enfant blonde qui gardait les yeux fixés sur l’une des beautés de la nature : dans l’eau claire d’un petit ruisseau zigzaguant entre de grandes tiges de fleurs se reflétaient les premiers rayons du soleil. Les teintes de l’aurore qui avaient éclairci le paysage semblaient se mouvoir dans l’eau, se dissoudre en reflets scintillants dans les yeux des deux filles.
Le rire cristallin de Yukina vint rajouter une touche de fantaisie au paysage :
« A ce que je vois, tu aimes contempler l’eau !
- Non. C’est la lumière qui m’intéresse.
- Tu as raison, la lumière est le symbole de vie. »
Bien qu’elle ne la regardât pas, la petite fille entendit l’ange s’accroupir afin d’arriver à sa taille :
« Tu es vraiment adorable. Douce, et pure… innocente… »
Sa voix parut se briser un peu alors qu’elle énumérait ses adjectifs, mais ce ne fut qu’une impression car elle redevint plus douce encore qu’avant.
« Connais-tu l’histoire d’Eve ?
- Non, je ne connais pas.
- C’est la première humaine que Dieu à créé, la toute première qui ai existé. Elle vint avec le premier homme, qui s’appelait Adam, lui.
- Eux non plus, je ne les connais pas, et je ne vois pas pourquoi tu m’en parles. »
Nouveau rire de Yukina :
« C’est normal ! Je cherchais juste un prénom… Eve, ça veut dire "la vie", elle est le symbole du temps. C'est joli, en plus, non ? Je trouve que ça t’irait bien, pas toi ? »
Un frisson parcourut l’échine de la fillette, qui n’avait pas entendu les dernières paroles prononcées par l’ange. Son cœur battait plus fort dans ses oreilles. Elle restait figée, contemplative, mais les images que lui renvoyaient ses yeux lui semblaient bien lointaines, s’évanouissante dans les ténèbres.
Quelques timides halos de lumière se baladaient sur une image sombre, où les reflets paraissaient flous. Quelques paroles troubles s’évadaient, de temps à autres, à travers la brume et les battements de cœur.
Le son de l’eau qui clapote… l’eau qu’on agite au rythme des rames… une voix lointaine, troublée par des bruits indésirables…
« Elle sera… »
La fin de sa phrase s’évanouissait dans ce tumulte, extérieur et intérieur. Un mot, un seul, celui qui résonne jusqu’au fond de l’âme, celui qu’on oublie pas.
« Evee. »
« Evee… »
« Hein ? Evee ? Qu’est-ce que ça signifie ? »
Les clapotis du ruisseau dans la clairière se taisaient. Les reflets du soleil s’étaient effacés de la surface de l’eau, et le ciel commençait à se blanchir de nuages, signifiant probablement l’arrivée imminente de la neige. La fillette se tenait debout, les bras le long du corps, prononçant seulement ce mot.
« Evee… »
L’ange commençait à trouver ces réactions de plus en plus étranges.
« Oui, mais… pourquoi Evee ? »
Sa phrase resta en suspens quelques secondes.
Soudain, la petite blonde se laissa tomber à genoux sur le sol, secouée de sanglots. Surprise, perplexe, l’ange s’agenouilla à ses côtés et la serra dans ses bras, bien fort, dans l’espoir de calmer ses pleurs.
Elle lui murmurait d’une voix douce :
« Oh, ne pleure pas, il n’y a aucun problème à t’appeler Evee. »
Non, il n’y avait aucun problème à lui donner un nom, aussi étrange fut-il. Le problème était ailleurs, Yukina l’avait compris avant même que la fillette n’ouvre les yeux. La petite blonde resserrait sa prise du tissu blanc de Yukina, alors que les larmes humidifiaient ses joues pâles, qu’une peine assourdissante imprégnait ses mots :
« Elle m’a appelé de là-bas … et pourtant, je me sens tellement seule… »
L’ange la resserra tendrement dans ses bras avec un soupir : la journée allait être longue et laborieuse.
----------------------------------------------------------
Et voilà !
Promis, ce soir je continue, et peut-être que ce soir ou demain je posterai ici !
EDIT 9 juillet : Mini suite à ce chapitre, afin de le clore, et la suite arrivera bientôt (elle est déjà écrite)

Et voici un autre personnage plus récent cette fois-ci, et qui a une place plus qu'importante dans toute cette histoire. Le dragounnet. Le poulet volant.
Fiche Signalétique :
Nom : (inconnu)
Prénom : Seiryû
Age : 19 ans (mais 16 d'apparence)
Date d'anniversaire : 13/07/1988
Lieu de naissance : (inconnu)
Célibataire ou déjà pris : Déjà pris
Lieu d'habitation : Anciennement, Hoshi no Kokoro, dans la cave.
Ses surnoms : Sei (pour les intimes), Sei-kun, le dragounet, poulet volant
Couleur des cheveux : Tricolores (rouges foncés aux racines, qui se dégradent en orange et en jaune aux pointes)
Couleur des yeux : Jaunes
Petits plus :
Aime : Lire, écrire, faire le poteau, le calme, le silence, les endroits glauques, être avec Mesuna
Déteste : Parler, les complications, le boulot dont on l'a chargé, être emmerdé alors qu'il se détendait, l'agitation.
Famille : Mesuna
Caractère : Un peu complexe à définir... on peut le dire blasé, calme, peut-être un peu "mou" ou "passif" sur les bords. Même s'il ne le parait pas à première vue, il est particulièrement sensible sur certains sujets.
Quelques petits trucs :
- Il a été coupable de choses dans sa vie qu'il regrette toujours
- La foudre est son élément
- Il serait homosexuel (même si c'est encore un peu ambigu sur ce plan)
- Il effectue très mal son boulot
- Ce qu'il mange l'importe peu, tant qu'il se nourrit... il sait apprécier les bonnes choses, évidement, mais il mangerait même les mauvaises.
- Ses yeux peuvent s'illuminer
- Il viendrait d'un autre monde et aurait traversé le temps
- Il n'apprécie pas vraiment Evee sans qu'on sache pourquoi
[ Doll © me
Base © Lorelei ]

Les avis présentés n'engagent que moi (vous aussi peut-être ?)
(presque) Aucune ressemblance avec une personne en particulier ne sera volontaire.
Voici ce que des gens ordinaires pourraient faire dans un parc :
- Le stéréotype sportif : Faire son footing du mardi après midi parce que sa femme l'y a envoyée, prétextant que son régime préferé (à savoir télé-boisson) commençait à lui faire prendre de la brioche... ah les femmes...
- Le stéréotype sporti"ve" (dérivé du Sportif) : Faire le footing~ avec sa copine~ afin de dire qu'ELLES, ce sont des femmes libérées comme dans Femina Magasine~, et prouver qu'elles s'assument entièrement (tellement qu'au moindre kilo, elles vont faire du sport intensif. Après tout, les hommes le faisaient, pourquoi pas les femmes ?)
- Le stéréotype glandeur : Flâner le nez en l'air, regarder les arbres, les papillons, trébucher sur un gamin, marcher sur une merde de chien.
- Le stéréotype réactif : Faire un procès à Fido pour la crotte qu'il a laissé VOLONTAIREMENT sur son passage ! Et NON, monsieur ne plaisante pas, il en a assez de voir sans arrêt ce chien. Il est PARFAITEMENT en droit de juger ce chien, monsieur connaît ses droits, lui, car c'est un honnête citoyen qui paie bien ses impôts !
- Le stéréotype "solitaire" (variante de l'Etudiant) : Assis seul sur un banc, il/elle semble complètement absorbé dans la lecture d'un gros pavé, faisant totalement abstraction de tout ce qui l'entoure (d'où l'utilité de venir dans un espace vert...)
- Le stéréotype "wesh", "zivapasslabeuhkonsenrouleune" (autre variante de l'Etudiant) : Boire des bières assis dans l'herbe, gratter deux trois accords faux pour épater les copains, et "vitaviafon!" surtout.
- Le stéréotype dépressif : Il vient ici pour regarder uniquement les cailloux, ses pieds, ou l'herbe, et il ne bougera pas avant trois heures. Aucun intérêt.
- Le stéréotype troisième âge : S'installer confortablement sur un banc avec un tricot (pour les plus archaïques), la revue Voici (pour les plus commères), ou bien "Jeune et belles" (pour celles qui s'assument pleinement), et jeter de temps à autre un coup d'oeil à leurs petits-enfants pour se sentir encore exister et remplie de responsabilités.
- Le stéréotype jeunesse : Ca n'a même pas cinq ans et quatre dents devant que ça grimpe déjà tout en haut du toboggan pour frimer devant ses copains. Déjà pleinement futurs adultes.
- Le stéréotype "T'as pas un euro ?" : Non, en revanche y a d'la beuh chez "weshcouzin!" là-bas.
- Le stéréotype "Pourquoi t'as les yeux verts ? T'es en 6eme ? C'est comment chez toi ?" : Encore un gosse qui a paumé sa grand-mère...
Parfois, on a les duos de choc... à deux, c'est toujours mieux.
- La version romantique : Il emmène sa dulcinée dans un petit coin de nature. Ils se baladent gentiment, main dans la main, regardant autour d'eux avec le sourire. Leurs regards se croisent de temps en temps, ils en rougissent. (c'est au premier qui marchera sur la crotte de Fido ! J'ouvre les paris...)
- La version trash : Il se trimbale sa gonzesse dans un coin sympa. Ils se laissent tomber sur un banc, l'un sur l'autre, et c'est partit pour une séance d'exposition de vie intime devant les pauvres visiteurs. En plus ils aiment...
- La version (des)interessée : Il emporte sa mie dans un espace vert. Il lui parle de fleurs, d'oiseau, des gosses, des mémés, des "weshkestatuveumafoto?!" (enfin non, eux, Il les évite parce qu'Elle apprécierai probablement pas d'en parler), et Elle sourit. Elle est heureuse : il l'invite ce soir au resto, et elle a ses clés de voiture.
- La version des mauvais jours : Il vient avec sa petite copine dans le parc que tout le monde connaît à la pire heure de la journée. Ils ont tous deux le stress du premier rendez-vous. Ils se posent sous un arbre, tranquille, espérant se donner le premier bisou de l'amour. Un pigeon est au dessus de la branche : il a bien mangé et le fait bien savoir à Elle, en gratifiant son beau brushing des restes de son repas digéré. Catastrophe. Elle est gênée. Les "weshrgardlagrosshahalolmdrptdr!" rappliquent, les petits, dégoûtés, poussent des "Beuuuuurk !" tous en choeur, les mémés gloussent derrière leur tricot/magasine. Merde, voilà l'aprèm tombée à l'eau. Et voilà qu'en plus, Elle pleure.
« T'en as pas marre de les regarder tous ?
- Non. C'est grandiose comme spectacle. Tiens d'ailleurs, attends moi, j'vais aller leur squatter un tarpé là-bas.
- Tant qu't'y es, prends en deux. J'ai besoin d'oublier, moi aussi... »

Hier soir je me suis choquée moi même... j'avais prévu de faire trois choses dans un certain ordre : lecture d'un yaoi, fic et (peut-être) préparation d'un futur RP.
Après avoir lu le yaoi (enfin, après m'être poussée à lire ce yaoi de malheur même pas interessant, romantique à souhait... beah), j'avais à peine assez d'energie pour me pencher vers Silent Wind.
Une fois devant la feuille, problème majeur : l'inspiration n'arrive pas. Zut.
Zut.
Mais je me suis raccrochée à l'espoir. Vous connaissez ce vieux dicton, qui dit que "L'appetit vient en mangeant" ?
Eh bien c'est pareil quand on écrit. Plus on écrit, plus on a envie d'écrire, et plus on continue.
------------------------------------------------
Sous un ciel gris et froid, les deux blondes partaient vers un village afin de s’approvisionner. Evee – si tel était son nom – n’avait prononcé mot.
Néanmoins, elle pu remarquer à quel point Yukina était bavarde, et ainsi apprendre bon nombre de choses sur cet être étrange ailé : chaque chose « mignonne » (telle qu’elle l’entendait) la plongeait dans une hystérie assez déstabilisante la première fois qu’on la voit à l’œuvre, mais qui au final devint habituelle, voire un peu lassante.
Le nom du village dans lequel elles se trouvaient s’appelait Mokavielle. Les immeubles étaient le plus souvent construits en parpaing, assez hauts, aux toits pentus.
On trouvait parfois quelques rares commerces : un supermarché venait s’ouvrir ses portes, faisant concurrence au marché quelques rues plus bas.
On repérait aussi quelques moyens de transports, notamment des taxis et des bus, qui sillonnaient les routes bétonnées. Ces gros engins capables de transporter tant de personnes sans même marcher surprenaient Evee. Mais ce n’était rien comparé à toute cette foule urbaine qui se pressait d’y entrer, de se faire dévorer par les portes coulissantes avec un soulagement singulier. D’autres même courraient après cette grosse machine qui avait pourtant dévoré leurs voisins.
Du reste, cette ville n’avait rien de bien attrayant. Mais Yukina y louait un appartement depuis peu : elles pourraient ainsi se régénérer, tranquilles et à l’abris.
L’appartement en question n’avait rien de plus que la ville en elle-même : pas spécialement belle, ni même originale, et bien plus petite. Elle contenait une pièce principale, une cuisine, une salle de bain et une chambre à coucher dotée d’un lit simple. Mais les dimensions de ce logis convenaient à deux personnes.
Telle une mère, Yukina présenta sa nouvelle demeure à sa petite fille :
« Nous voici maintenant chez nous, Evee. Ca te plait ?
- Bof… »
Guère encouragée par cette manifestation – la seule qu’eut la petite de toute la journée après l’incident –, Yukina changea de sujet.
« Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux me le demander. »
Elle n’obtint aucune réponse de la petite, hormis quelques gargouillements d'estomac qui l’amusèrent.
« En attendant, nous devons manger ! Mettons-nous au travail dès maintenant, Evee, je vais t’apprendre à faire la cuisine ! »
Cette perspective ne parut pas réjouir la blondinette : ouvrir un sachet de nouilles pour le verser dans une casserole d’eau en pleine ébullition n’avait rien de particulièrement amusant.
Pourtant, Yukina souriait. Voir sa petite protégée se bouder elle-même, vexée de ne pas savoir contrôler son corps ni son esprit, était l’une des choses les plus attendrissantes qu’elle pu voir.
Elle baissa la tête, se sentant soudain observée : la gamine lui tendait le sachet de pâtes vide, avec l’air très déterminé d’un enfant qui prend une initiative. Yukina ne pouvait retenir un éclat de rire, malgré le regard hargneux que lui lança la paire d’yeux foncés.
« Merci beaucoup, Evee. Mais un sachet de pâtes, ça se met… »
Elle se dirigea vers la poubelle, appuyant sur une pédale : le capuchon s’ouvrit immédiatement. Evee sursauta de surprise.
« … dans la poubelle. »
Après avoir lâché le papier dedans, elle constata qu’Evee était profondément choquée par son acte.
Un peu inquiète pour son acte, elle en chercha la raison :
« Eh bien quoi ? C’est ce qu’on fait pour ne pas s’encombrer. »
Semblant comprendre peu à peu la réaction d’Evee, elle lui sourit de nouveau :
« Si on devait garder tous les sachets de pâte à chaque fois qu’on en fait, la maison serait pleine et nous n’aurions plus de place pour bouger ! »
La gamine restait suspicieuse :
« On peut toujours les plier. »
-----------------------------------------------
Comment ça, chapitre inutile qui se finit en queue de poisson ?
Ne vous inquietez pas, la suite aura probablement plus d'impact sur le reste de l'histoire... il faut bien des chapitres "relax" : si on a de l'action tout le temps, ça devient épuisant.
Enfin bon, à vous de juger. *need commentaires*
En ce qui concerne le RP... je pensais le faire sous la forme d'un forum, en fait. J'ai déjà à peu près la trame de base, mais je préfèrerai le faire pour une communauté restreinte. N'étant pas vraiment une pro du RP, je me vois difficilement faire un grand forum seule, avec plein de membres à charge.
Il faudra voir. *prépare déjà tout ça*

Some cities are bigger than you know, because you can only see a small corner of it.
Don't ever believe what you see.
Because your eyes are so weak...
------------------------------------------------------
« … »
Après s’être rassasiées et avoir nettoyé la vaisselle, les deux filles se retrouvaient sans activités. Posées sur un canapé, elles regardaient passer le temps autour d’elle, telles les meubles de la pièce… même si, pour eux, la notion du temps – s’ils en avaient toutefois une – était bien différente.
« J’ai une idée ! »
Ce fut Yukina qui rompit ce silence pesant, réveillant la transe d’Evee. Celle-ci tourna paresseusement son regard vers l’ange, un peu maussade, se demandant probablement ce qu’on lui voulait.
« Tu sais lire ? Je vais te l’apprendre ! »
D’un bond elle se leva, et revint tout aussi vite munie d’une sorte de petit livret.
« Regarde, Evee ! (fit elle en lui indiquant la couverture du livre) Ici, il y a marqué : Le Guide du Bon Samaritain. »
Elle lisait très lentement, faisant mine de déchiffrer chaque son. Curieusement, lui apprendre à lire était chose étonnante de simplicité : trois heures plus tard, l’enfant parvenait à comprendre sans hésitations l’intégralité du livret.
Il était tellement incroyable qu’une petite fille de huit ans apprenne si vite que Yukina la soupçonna de s'être déjà entrainée seule.
« Ne jamais laisser l’autre dans la difficulté. Laissez émaner des ondes positives de votre personne, et votre entourage ne s’en sentira que plus à l’aise, à même de se confier d’avantage à vous. »
Evee marqua une pause, levant les yeux vers Yukina.
L’ange sentait ces mirettes sombres la dévorer, mais elle ne parvenait pas encore à décrypter les messages qu’ils lui envoyaient.
Pour une fois, la gamine ne se contenta pas d’un simple regard :
« Tu l’as bien étudié. »
Ne sachant comment prendre cette remarque, l’ange ne pu répondre que par un grand sourire, non sans une certaine gêne.
Leur dialogue s’arrêta là : Evee s’emparait de tous les livres de Yukina, pendant que celle-ci restait lovée sur le canapé à regarder son plafond fissuré, se convainquant que « c’était mieux ainsi ».
Ainsi passait une après-midi palpitante.
Le soir tomba assez vite, apportant avec lui de nombreux flocons de neige dont le ciel saupoudrait le village. Bientôt, le toit des maisons serait recouvert d’une épaisse pellicule blanche et gelée.
A genoux devant la fenêtre, le ventre contre le dossier d’une chaise, la petite Evee soufflait de la buée sur la vitre afin de tracer quelques formes abstraites avec son doigt. Yukina, qui faisait la vaisselle, lui jetait un coup d’œil de temps à autre, s’assurant ainsi qu’elle ne tenterait rien de fâcheux.
Elle l’avait, après l’avoir lavée, revêtue d’un long chandail blanc et chaud, et, faute de moyens, c’était à peu près le seul tissu que portait l’enfant blond. Ses jambes frissonnaient de temps en temps, mais elle pouvait les rentrer sous le grand pull-over si elle avait trop froid.
« C’est la neige qui t’a donné ce nom ? »
Perdue dans sa contemplation, Yukina n’avait pas remarqué que la petite lui parlait.
« Si l’on veut, oui. C’est joli la neige ! »
Pour la première fois, Yukina remarqua un sourire sur le visage de l’enfant. Ce phénomène incroyable possédait nombre de messages que Yukina pu décrypter un à un : la douleur innocente d’un passé dans les combles de l’oubli, la satisfaction d’avoir trouvé quelqu’un capable de la comprendre ne serai-ce que partiellement, l’envie secrète de se confier et d’en savoir plus sur cette personne qui lui semblait étrangement familière.
« Yukina, dis-moi… c’est vraiment long de retrouver quelque chose qu’on a perdu très loin ? »
Yukina coupa l’eau.
Un premier silence accueillit ses paroles, prononcées avec la plus grande franchise dont un enfant puisse être capable. Quelle réponse lui donner ?
Yukina savait à présent que le moindre mot pouvait la trahir, s’il n’était pas au goût de sa petite protégée.
Elle choisit de fuir avec un grand sourire :
« Allons avant tout nous laver les dents ! »
Comme elle s’en était doutée, Evee ne bougea pas.
Ayant totalement délaissé la fenêtre, le froid et la neige, elle plantait dans les yeux de Yukina un regard sombre, aussi froid que toute la glace qui tombait des cieux en cette soirée :
« Tu ne m’as pas répondu. »
Prise au piège. L’ange baissa les yeux, en signe de retraite, et laissa son cœur parler :
« Je ne sais pas, Evee. Mais tu trouveras probablement la réponse, si tu t’appliques à la chercher. »
Après un instant de réflexion, Evee quitta enfin sa chaise pour rejoindre Yukina.
C’était pour celle-ci comme une première victoire qu’elle savoura avec un nouveau sourire en la poussant vers la salle de bain.
Constatant que la blondinette était trop petite pour se voir dans le miroir, elle lui apporta un petit tabouret afin qu’elle puisse se laver les dents sans problème. Pendant ce temps là, Yukina rangeait des vêtements sur un portant, derrière le lavabo.
Elle commençait à entonner un petit air gai lorsqu’elle fut soudainement interrompue :
« Yukina… »
Curieuse de savoir ce que voulait – encore – la petite, elle la regarda, puis s’approcha d’elle. Evee fixait le miroir avec des yeux incrédules, sans que Yukina n’en su la raison.
« Qu’est-ce qu’il y a, Evee ? Quelque chose t’a fais peur ? »
Sans cesser de fixer le miroir, elle tourna ses yeux vers le reflet de l’ange avant de constater d’une voix mal assurée :
« On… on est pareilles ? »
En effet, les deux filles avaient des caractéristiques physiques communes : toutes deux blondes (l’une plus claire que l’autre), avec la même implantation de cheveux, un visage quasi identique hormis les yeux qui étaient différents, plus par leurs expressions que par leur forme.
Des sœurs jumelles n’auraient pas fait mieux. Yukina devait être trait pour trait ce à quoi ressemblerait Evee dans quelques années, mais sans ailes.
Celle-ci sourit de nouveau, inlassablement :
« En effet. C’est parce que je suis… »
Elle baissa la voix, et acheva sa phrase sur le ton de la confession.
« … ton Ange Gardien. »
Devant l’incompréhension de la fillette, elle jugea bon d’expliquer en quoi consistait sa tâche.
« Un Ange Gardien est chargé de veiller sur les gens comme toi. Il leur apporte de l’aide, du soutient, il les conseille, le suit dans les bonnes décisions, le remet en place s’il en prend des mauvaises… l’Ange Gardien veille sur toi afin que tu ais une vie plus belle et plus douce. »
Il y eut un nouveau silence qui gêna un peu Yukina :
« C’est ce que tu voulais savoir ? »
Avec une moue vexée, Evee se détourna :
« J’ai rien compris. Et puis, d’abord, je vais me coucher. »
Le plus dignement du monde, elle quitta la pièce et se dirigea vers la chambre à coucher sans même adresser un regard à Yukina. Celle-ci, prise au dépourvu, ne trouva rien à répondre à ça. Alors, à son tour, elle fit sa toilette du soir.
-----------------------------------------
Noon c'est pas inutile comme chapitre, je vous assure !
On se rend compte qu'Evee a(vait) quand même un relationnel très particulier (mais ça vous pouviez le deviner)...
Je sais aussi qu'on ne connait pas ses pensées alors que, quelques chapitre auparavant, on y voyait pratiquement à travers ses yeux. Mais c'est normal. Vous comprendrez plus tard.
Vos réactions
Mesuna le 18-06-2008 à 16:44:18 # (site)
En effet, voici Evee X'D
Elle a son nom qui sort de sa tête, qui lui apparait... j'sais pas si c'est bien clair tout ça, mais en fait c'est dans une sorte de "transe" qu'elle découvre son nom.
On verra ça plus en détail dans un prochain chapitre.
Merci du commentaire ! =D
Kyûu -- Jû ichi le 18-06-2008 à 14:46:51 # (site)
Et voilà! elle a son nom =D